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Le Retable d'Issenheim,

Origine d'un chef-d'oeuvre

 

Le Retable d'Issenheim est l'une des créations les plus extraordinaires de l'histoire de l'art occidental.

Considéré comme un chef-d'oeuvre dès sa création au 16e siècle, il est vénéré et protégé tout au long des siècles.

Devenu aujourd’hui l'œuvre phare du Musée Unterlinden, le retable tient son nom du village alsacien d'Issenheim pour lequel il fut réalisé.

Peint entre 1512 et 1516 par Grünewald (vers 1475, 1480 - 1528) et sculpté par Nicolas de Haguenau (actif à Strasbourg de 1428 à 1526), ce monumental polyptique ornait le maître-autel de l’église de la commanderie hospitalière des Antonins à Issenheim, dont la vocation était de soigner des malades atteints du « mal des ardents » appelé aussi le feu de saint Antoine. 

Le saint était à la fois vénéré pour son pouvoir guérisseur mais également redouté. La croyance populaire attribuait en effet à saint Antoine l'origine de cette maladie. Ce véritable fléau au Moyen Âge était en fait provoqué par l’ingestion d’ergot de seigle. Ce parasite de la céréale présent dans le pain de mauvaise qualité, engendrait des hallucinations, souvent proche de la démence, ainsi que des nécroses des extrémités du corps, accompagnées de plaies purulentes.

En plus de fournir aux malades une alimentation saine et une bonne hygiène quotidienne, les Antonins les soignaient avec le saint vinage, un breuvage à base de vin et plantes dans lequel étaient trempées dans les reliques de saint Antoine mais également avec le baume dit de Saint Antoine, un onguent cicatrisant élaboré à partir de plantes aux propriétés curatives.

En outre, la commanderie d'Issenheim était très réputée pour la pratique des amputations de membre gangréné réalisées par des chirurgiens laïcs.

 

Eglise d'Issenheim au 19e siècle
Église d’Issenheim, dessin inédit, début du 19e siècle, exécuté avant l’incendie de l’église en 1827 (provient du fonds Ingold de l’abbaye de l’Oelenberg)
 

 

 

Quel était le rôle du retable dans la guérison des malades ?

 

Commandé par Guy Guers, superieur de la commanderie de 1490 à 1516, le retable devait participer au rétablissement des malades en leur offrant du réconfort. Grünewald est le premier à peindre la souffrance du Christ de manière aussi radicale, ce qui permettait certainement aux malades de se retrouver et se comparer au Christ dans cette souffrance agonisante.

Ils y trouvaient également une consolation et même l’espoir d’une guérison que laissait suggérer la scène si lumineuse de la Résurrection comme celle de l'aide offerte par Dieu à saint Antoine en pleine tourmente.

 

Détail du panneau de la Crucifixion
Détails du panneau de la Crucifixion

Détail du panneau de la Crucifixion

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