Restauration
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Fouilles de la nécropole protohistorique de Sainte-Croix-en-Plaine

Sur le territoire de la commune de Sainte-Croix-en-Plaine, à 11 km au Sud de Colmar, s’étend sur plusieurs kilomètres carrés la plus grande nécropole protohistorique découverte dans le Haut-Rhin. Elle a fait l’objet de plusieurs fouilles préventives en 1979-1981, 1997, 1999 et enfin 2005. Plus d’une centaine de sépultures ont été dégagées ; elles sont déposées dans des tumulus entourés de fossés circulaires et ont livré un riche mobilier funéraire composé de poteries et surtout de parures féminines, en bronze pour la plupart.

 

Les résultats de ces fouilles, qui ont porté sur plus d’un hectare, apportent des renseignements inestimables sur la connaissance des pratiques funéraires régionales entre la fin du deuxième millénaire et le milieu du premier millénaire avant notre ère : alternance des rites de l’incinération et de l’inhumation, présence de cercueils en bois, stèles marquant la position des sépultures, parures.

 

Les parures

 

Les nombreuses parures en bronze, datées entre le VIIe et le Ve s. avant notre ère, constituent des témoignages majeurs de l’artisanat celte. Elles sont pour la plupart réalisées dans des moules bivalves en pierre, dans lesquels l’alliage cuivreux est coulé. Les objets sont ensuite agrémentés d’un décor ciselé ou gravé qui peut recouvrir la totalité du bijou, soit simplement les extrémités des anneaux.

 

Nous avons sélectionné un certain nombre de ces parures, les plus intactes et les plus intéressantes tant au point de vue scientifique qu’esthétique et muséographique ; elles  sont appelées à compléter et enrichir les vitrines consacrées à l’âge du Fer dans les collections permanentes de la salle d’archéologie du musée.

 

Mais auparavant les objets sortis du sol doivent être stabilisés afin de ne pas s’oxyder, puis nettoyés et protégés ; certains, fragmentés, nécessitent collages et restaurations des zones manquantes. 

 

Les parures choisies pour faire l'objet d'une restauration 

 

Parmi les parures les plus anciennes, des bracelets remarquables correspondent à des productions régionales, caractéristiques de la moyenne Alsace. Le premier type est constitué d’un jonc épais, orné de cannelures longitudinales (photo 2) ; pour le second type, il s’agit d’une paire de bracelets ornés d’un décor géométrique incisé couvrant dont l’un est complet (photo 3), l’autre doit être restauré.

 

Une riche tombe plus tardive (A) est celle d’une femme parée de toute une panoplie de parures, avec un torque (photo 4), des bracelets qui se distinguent par de petits tampons moulurés, des bracelets creux à fermeture par emboîtement (photo 1), une fibule en bronze ornée d’un précieux cabochon de corail (photo 5) et une fibule en fer. Sur cet ensemble important par le nombre et la qualité des objets, un travail de restauration plus important devra être réalisé, notamment le dégagement de la fibule en fer de sa gangue d’oxydation.

 

Une seconde tombe féminine riche (B) était dotée d’un torque à tampons plus volumineux et de deux bracelets de types différents, datés du milieu du IVe s. avant notre ère (photo 6).

 

Quelques autres parures et objets de la vie quotidienne complètent le panel : des bracelets ou anneaux, une fibule en fer (photo 7), une agrafe de ceinture, un rasoir en fer (photo 8), seul témoignage d'une tombe masculine, et enfin un grand torque  replié et tordu sans doute rituellement.

 

Le site

 

À l'occasion du projet de canal Rhin-Rhône, la prospection aérienne de 1976 a révélé la présence de cercles qui ont été fouillés en partie de 1979 à 1980. Un projet de lotissement en 2005, au même endroit, a déclenché une fouille sur une surface de 6800 mètres carrés. Elle a permis de mettre au jour 31 fossés circulaires de 4 m à 32 m de diamètre, parfois doubles. Ils correspondent aux restes des monuments funéraires à l'intérieur desquels se trouvent les sépultures. D'autres sépultures sont creusées à l'extérieur de ces monuments. Au total des deux interventions, ce sont 40 inhumations, dont un tiers avaient conservé des traces de cercueil en bois et 30 dépôts de crémation, en vase ossuaire ou directement dans la terre, qui ont été découverts. Le site est occupé de la fin de l’âge du Bronze, autour de 1050 av. J.-C. (Bronze Final IIb-Bronze Final IIIa) jusqu’au milieu de l’âge du Fer, vers 400 av. J.-C. (La Tène A), soit environ 600 ans. Des restes de stèles témoignent d’un marquage des tombes en surface. La première installation est souvent une crémation de la fin du Bronze final. Puis un monument, avec fossé circulaire, est construit et l’on installe une nouvelle tombe à l’endroit de la crémation. L’espace central est ensuite réoccupé avec une autre inhumation et la réalisation d’un second cercle plus grand et concentrique au premier. Enfin, les tombes les plus récentes sont creusées dans le pourtour interne du dernier cercle. Ce site correspond à une petite partie d’une nécropole qui s’étend sur plusieurs kilomètres carrés sur le territoire de la commune de Sainte-Croix-en-Plaine. Il montre une organisation complexe par la réutilisation des monuments existants et le maintien d’une tradition sur 600 ans. 

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